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Redevenir salarié après avoir été micro-entrepreneur

Redevenir salarié après avoir été auto-entrepreneur dans le bâtiment

On voit couramment des professionnels qui démarrent en tant qu’auto-entrepreneurs dans le BTP. Mais une fois le projet validé, redevenir salarié après créé son entreprise présente beaucoup d’avantages. Démonstration par Jean-Michel Laidin, expert-comptable associé chez Fimeco Walter France.

Très souvent, dans le bâtiment, des professionnels démarrent avec le statut d’auto-entrepreneur. Ils sont dans l’esprit voulu par la loi : avoir un statut qui leur permette de mettre leur projet en incubation, pendant trois ans, pour savoir s’il est viable ou pas. Mais que se passe-t-il ensuite ?
 

Comment passe-t-on d’auto-entrepreneur vers un autre statut ?

Au bout de deux ou trois ans, l’entrepreneur constate que son affaire marche bien. Il a tissé des relations, il a développé son marché, son réseau. Il bénéficie d’une bonne visibilité. C’est généralement le moment où il commence à vouloir recruter et à investir. Il a donc besoin de comptes, pour le banquier.
 

Au début, le statut de non salarié convient

Quand le professionnel, souvent ancien ouvrier, crée son activité en auto-entrepreneur, il accepte de ne pas se rémunérer, ou de se rémunérer le minimum. Les premiers temps, il reste très prudent, fait des économies. Il dépend du SSI (ancien RSI).

Mais ce statut, à terme, présente quelques inconvénients. On paie des cotisations sociales avant même de se verser réellement une rémunération, puisque celle-ci est définie automatiquement selon un pourcentage des recettes, ce revenu fiscalisé servant d’assiette sociale. Deuxième inconvénient : les cotisations sociales des non-salariés sont certes moins élevées que celles des salariés, mais il n’y a pas de chômage. Troisième inconvénient : les modalités de calcul sont relativement opaques : régularisation de l’année précédente, provisions pour l’année en cours… Quatrième inconvénient : quant à la retraite, les prestations servies sont réellement précaires. Avec un certain niveau de revenu, des trimestres peuvent être validés, mais le revenu de référence est pitoyable.
 

Passer de non salarié à salarié grâce à la SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle)

Quand, au bout de trois ans maximum, l’activité est stabilisée, le temps arrive, donc, de quitter le régime de l’auto-entrepreneur. Cette transformation est de toute manière incontournable pour « exister » officiellement et augmenter sa crédibilité, auprès des clients plus importants, des fournisseurs, et bien évidemment face aux banquiers, dès lors que le chef d’entreprise veut négocier un prêt pour investir.

Deux solutions s’offrent alors :

- Créer une SARL. Dans ce cas, l’entrepreneur pourra rester non salarié en étant gérant majoritaire. Il pourra optimiser fiscalement sa rémunération en jouant entre rémunération et dividendes, passer des frais sur sa société…. mais il gardera le régime du SSI.

- Autre solution très intéressante : créer une SASU, au sein de laquelle il pourra être président assimilé salarié. Deux avantages importants : le revenu de référence pour la retraite étant plus élevé, celle-ci sera mieux servie. Et surtout, la transparence du système des cotisations sociales et le fait qu’elles soient en temps réel sont très appréciées des patrons : chaque mois, quand le dirigeant se verse un salaire, il paie ses cotisations sociales sur ledit salaire. Fini les décalages de déclarations et de paiement, avec les risques que cela fait peser notamment sur la trésorerie (quel entrepreneur non salarié ne s’est pas un jour « fait avoir » en ne provisionnant pas suffisamment ses charges sociales…).

Devenir président salarié de SASU permet de retrouver un statut social plus favorable en termes de couverture sociale et de retraite notamment, et plus facilement gérable, ce qui n’a pas de prix pour un entrepreneur dans le bâtiment, qui préfère généralement s’occuper de ses chantiers plutôt que de sa gestion...

Toutes ces considérations expliquent pourquoi, après avoir été non salarié au sein du régime auto-entrepreneur les premières années, les entrepreneurs du bâtiment optent de plus en plus souvent pour la SASU plutôt que pour l’EIRL (entreprise individuelle à responsabilité limitée, où il reste soumis au SSI), qui leur permet de retrouver les avantages du statut salarié.

 

Dans le même sujet, notre article : Régime micro-entrepreneur, plus simple mais est-ce plus avantageux ?

 

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Tag(s) : #Actualités fiscales

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