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Commentaires par Jean-Michel Laidin, associé Fimeco Walter France.

Les discussions sur la réforme des retraites battent leur plein. Chacun a ses idées, ses propositions, ses points de rupture… L’un des éléments clés de la discorde est le fameux âge pivot, que le Gouvernement prévoit de fixer à 64 ans, qu'il vient de retirer provisoirement (Janvier 2020).

La retraite à points existe déjà

Rappelons que les cotisations obligatoires payées tout au long d’une carrière donnent des points pour la retraite complémentaire. Ce système existe donc déjà. Le Gouvernement propose de l’étendre à la globalité du système, et à tous les cotisants.

Du compte pénibilité au compte prévention

En 2014, lorsque le compte pénibilité a été créé, le BTP avait été identifié comme un secteur qui comportait des risques professionnels. En conséquence, des points étaient attribués qui pouvaient servir soit à permettre une formation professionnelle pour changer de métier, soit à travailler à temps partiel, soit à permettre un départ en retraite anticipé. Avec le gouvernement Macron, en 2017, le compte pénibilité s’est transformé en compte prévention. Des critères de pénibilité ont été supprimés à ce moment-là : la manutention de charges lourdes, les postures pénibles, les vibrations mécaniques – qui concernaient beaucoup les salariés du BTP – et les risques chimiques.

Les critères qui subsistent pour ouvrir un compte prévention sont les activités exercées en milieu hyperbare, les températures extrêmes, le bruit, le travail de nuit, le travail en équipes successives alternantes, le travail répétitif.

Mener une réflexion sur la retraite pour les secteurs où la pénibilité est admise

Il serait judicieux de mener une réflexion sur les secteurs d’activité concernés par les comptes prévention, dont bien sûr le BTP. Une idée pourrait être qu’au moment de l’embauche, le médecin du travail attribuerait des points, dès lors que le salarié aurait au moins 6 mois ou un an d’ancienneté. Les salariés pourraient ainsi se constituer un « pécule » de points, qui serait un bonus par rapport à la pénibilité supportée. Ce système serait plus simple et plus opérationnel que les véritables usines à gaz qui sont prévues avec des comptes dont les salariés, aujourd’hui, dans la plupart des cas, ignorent même l’existence. Et lorsqu’ils sont au courant, ils n’en font pas toujours bon usage.

Concevoir un système de retraite qui attirerait les vocations

Les critères qui demeurent dans le compte prévention peuvent permettre, rappelons-le, de se former, de moduler son temps de travail ou... de bénéficier d’une retraite anticipée, mais uniquement sous certaines conditions : en cas de maladie professionnelle reconnue ou si on souffre d’un taux d’incapacité supérieur à 10 %. Donc très peu de salariés, au final, en bénéficient.

L’idée serait d’associer cette pénibilité à l’acquisition de points de retraite anticipée, ou d’un bonus en termes de pension versée. Plutôt que de se positionner sous l’angle de la défense des acquis, les négociations devraient plus efficacement réfléchir à la manière d’identifier la réalité de la pénibilité du travail pour discuter de mesures favorables au salarié, retraite anticipée ou flexibilité, dont il pourrait bénéficier sans condition au moment de sa fin de carrière.

Des visites régulières à la médecine du travail, qui pourrait valider les points, privilégierait une vision pragmatique plutôt que la rigidité d’une loi.

Si on veut attirer et garder les salariés dans les métiers du BTP où la pénibilité est incontestable, il faut, d’une manière ou d’une autre, les rendre attractifs. La retraite serait un bon moyen pour cela.   

 

En suivant, lisez notre article "Utiliser l'épargne salariale pour fidéliser ses salariés"

 

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Tag(s) : #Actualités sociales

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